Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es. Nicolas SARKOZY a bien du mal à évacuer les questions relatives à la procédure arbitrale dont Christine LAGARDE a fait bénéficier son ami Bernard TAPIE, au terme de laquelle ce dernier a pu tout à la fois faire l'économie d'une procédure judiciaire défavorable et bénéficier de la mansuétude d'arbitres très "politiques", parmi lesquels figure l'ancien président du conseil constitutionnel et ancien député RPR Pierre MAZEAUD. Tout cela officiellement pour " éviter que la procédure traîne en longueur" d’après le directeur de cabinet de Madame le Ministre… On est prié de ne pas rire.

L'affaire a de quoi "troubler" puisque ce sont quelques 285 millions d’euros qui devront être versés par le consortium chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais à Bernard TAPIE, alors qu’en Octobre dernier la Cour de Cassation, plus haute juridiction française, avait annulé un arrêt de la Cour d’Appel de Paris lui accordant moins de la moitié de cette somme.

Notons qu’après déduction de sa dette fiscale, Bernard TAPIE conserverait tout de même entre 20 et 80 millions d’euros sur son propre compte en banque, selon les estimations fournies par l’agence Reuters. De quoi se consoler du "préjudice moral" dont il aura été grassement indemnisé dans cette affaire (45 millions d’euros !).

Ce renflouement très opportun ne doit rien au hasard compte tenu des rapports très étroits qui lient TAPIE à un Nicolas SARKOZY qui était déjà intervenu l’an dernier en faveur de son fils Stéphane, éphémère vedette télévisée du groupe Bouygues. A l’époque Stéphane TAPIE, qui vivait à Neuilly dans un appartement de 220 m² appartenant à la Caisse des Dépôts avait accumulé 88 853 euros d’impayés, soit près de 2 ans de loyers, ce qui avait contraint le préfet des Hauts-de-Seine à ordonner son expulsion… qui n’aura finalement jamais eu lieu après l’intervention de Claude GUEANT en personne, qui étalera la dette sur 6 mois en l’amputant de 15 000 euros ! (source : Le Canard Enchaîné du 14 Novembre 2007).

Des petits arrangements dont SARKOZY ne prend même plus la peine de se défendre. Les premiers mots qu’il a eus pour qualifier les accusations de François BAYROU relatives à son généreux "coup de pouce" ont été rigoureusement les mêmes que ceux de Bernard TAPIE : "Bayrou fait du Le Pen"... Une ligne de défense qui nous rappelle qu’avant d’être président, Nicolas SARKOZY a été avocat d’affaires… De bien mauvaises affaires en l’occurrence.

Pierre CHEYNET (fn43@wanadoo.fr)